Loi 41 – L’exemple de la Saskatchewan

Il y a quelques semaines, j’ai assisté au congrès annuel de l’Association des pharmaciens du Canada. Il est toujours intéressant de rencontrer des confrères d’autres provinces. Parfois, quand on se compare, on se console. Mais d’autres fois, il arrive qu’on se désole. Et c’était particulièrement le cas lorsque j’ai assisté à cette conférence des pharmaciens de la Saskatchewan qui présentaient les résultats d’une étude portant sur la prescription de médicaments par des pharmaciens pour des conditions de santé mineures. D’ailleurs, nos collègues de la Saskatchewan n’aiment pas beaucoup cette appellation et préfèreraient « affections courantes » ou « problèmes de santé fréquents ».

En Saskatchewan, les pharmaciens prescrivent depuis 2012 des médicaments pour certains problèmes de santé comme l’herpès buccal (les fameux feux sauvages), la rhinite allergique (le rhume des foins) ou l’érythème fessier.

Cette façon de faire peut sembler novatrice, mais rappelons que nos confrères de la Grande-Bretagne la vive depuis maintenant… 10 ans! Là-bas, on sait depuis longtemps que la prise en charge de ces conditions par le pharmacien est l’une des solutions pour améliorer l’accès aux soins.

Toujours est-il que nos collègues des prairies ont effectué une petite enquête, à laquelle 125 patients ont participé. Quand on leur demandait ce qu’ils auraient fait s’ils n’étaient pas allés voir le pharmacien, 43 % ont mentionné qu’ils auraient acheté un médicament disponible en vente libre. Autrement dit, une proportion élevée de patient aurait tenté de se traiter avec un médicament possiblement moins efficace ou inapproprié pour leur problème précis.

Ensuite, à la question « Après avoir obtenu de l’aide de votre pharmacien, êtes-vous allé voir un médecin? », 97% ont répondu par la négative. Et dans le même ordre d’idées, 99 % des répondants ont mentionné qu’après le traitement, la situation s’est améliorée (un peu : 5 %, de façon modérée : 14 %, de façon significative : 29 %, complètement : 52 %).

L’accès au pharmacien et la confiance portée à ce professionnel constituent les principales raisons pour lesquels les patients ont eu recours à ses services pour solutionner leur problème.
Les pharmaciens du Québec ne sont pas différents de ceux de la Saskatchewan; ils ont les compétences pour aider davantage la population, et la volonté également. Ne reste maintenant qu’à souhaiter que la Loi 41, cette fameuse loi dont on parle depuis trop longtemps, finisse par entrer en vigueur.

Vous l’avez vu, l’Ordre possède maintenant un blogue! J’y participerai régulièrement en traitant de sujets en lien avec la pratique de la pharmacie. N’hésitez pas à m’écrire et à commenter. Au plaisir de discuter avec vous.

1 commentaire sur “Loi 41 – L’exemple de la Saskatchewan”

  1. Anne Maheu dit :

    Et la dernière fois que j’ai regardé cette info (avril 2013), en Sask. les pharmaciens pouvaient recevoir $18 par consultation (les règles et fréquence de consultation varient d’une condition mineure à une autre). Oui, en effet, ils ont une longueur d’avance!

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