La gouvernance à l’heure des scandales

On parle beaucoup d’éthique dans les médias. Les récents scandales nous amènent à nous questionner : comment faire en sorte que nos décideurs adoptent des comportements irréprochables? L’une des clés, dont on parle un peu moins, c’est d’établir de bonnes règles de gouvernance.

La gouvernance est une notion qui peut sembler abstraite. Pourtant, sans règles de gouvernance, même intuitives, la personne la mieux intentionnée aurait beaucoup de difficulté à mener à bon port n’importe quel projet.

Il y a quelques années, l’Ordre des pharmaciens du Québec a vécu une grande remise en question au lendemain de crises majeures. Qu’est-ce qui avait échappé à l’organisation? Comment éviter que de telles situations se répètent? Le réflexe a été, à cette époque, et grâce à l’aide d’un de nos administrateurs, de se repencher sur nos bases, sur nos façons de faire les choses, sur notre gouvernance.

C’est un exercice complexe, qui a demandé des années d’efforts et un changement de culture au sein de l’organisation. Au-delà de créer un comité et de rédiger des politiques, c’est surtout le défi de réussir à ce que ces nouvelles règles fassent partie intégrante de nos façons de faire que nous avons relevé. Les administrateurs de l’Ordre n’étaient pas moins bien intentionnés auparavant, au contraire. Ils étaient seulement moins bien guidés dans leur rôle de décideurs.

Aujourd’hui, tous les administrateurs qui intègrent le Conseil d’administration sont formés sur leur rôle et sur leurs responsabilités. Par exemple, chacun sait quoi faire s’il se trouve en conflit ou en apparence de conflit d’intérêts et comment intervenir si un collègue se trouve dans une telle position. En somme, il y a beaucoup moins de zones d’ombres qu’avant et c’est beaucoup mieux ainsi.

Surprenant que la notion de gouvernance soit si abstraite lorsqu’il n’y rien de plus concret que de gouverner une organisation. Quelques années après les crises et remises en question, je dois dire que, même s’il nous reste encore du chemin à faire, je suis particulièrement fière de celui parcouru jusqu’ici. J’aurai l’occasion de parler de ce chemin plus en détails dans de prochains billets.

Vous l’avez remarqué, l’Ordre a un nouveau blogue. Il s’agit d’une façon différente pour nous de communiquer avec vous. J’aborderai dans ces pages des sujets de l’heure – ou non – en lien avec l’Ordre et la profession de pharmacien. J’espère que vous prendrez plaisir à me lire, mais également à m’écrire.

4 commentaires sur “La gouvernance à l’heure des scandales”

  1. Claude Gagnon dit :

    Je suis heureux de voir que l’OPQ travaille toujours aussi fort afin de maintenir des règles de gouvernance en continuelle évolution et y donne autant d’importance.

  2. Dinh Hieu Luu dit :

    ¨Aujourd’hui, tous les administrateurs qui intègrent le Conseil d’administration sont formés sur leur rôle et sur leurs responsabilités¨
    Est-ce que cela veut dire que la majorité des administrateurs ont une formation du Collège des administrateurs de société ?
    https://www.cas.ulaval.ca/cms/site/college/cas-gouvernance

    1. Ordre des pharmaciens du Québec dit :

      Non. Les administrateurs sont formés en interne lors d’une journée intensive au cours de laquelle sont présentés le programme de gouvernance de l’Ordre, les règles d’équité procédurale, les rôles et les fonctions principales de l’Ordre. Ils sont également formés lors d’une journée organisée par le Conseil interprofessionnel du Québec. Cette formation est faite sur mesure pour les administrateurs d’un ordre professionnel. Néanmoins, certains de nos administrateurs détiennent une formation du Collège des administrateurs de société, mais l’ont suivie par intérêt personnel.

  3. Dinh Hieu Luu dit :

    Je vous remercie beaucoup de vos précisions.
    C’est très intéressant.

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