Cannabis médical : choisir le pharmacien pour assurer la sécurité

Le principal mandat de l’Ordre étant de veiller à la protection du public, il est de notre devoir d’intervenir publiquement sur des questions reliées à l’usage des médicaments. Aujourd’hui, nous avons participé à la commission parlementaire sur le projet de loi 157, visant à encadrer le cannabis au Québec. On distingue deux types de cannabis aux statuts légaux différents, soit le cannabis utilisé à des fins non médicales et le cannabis utilisé à des fins médicales. Bien que l’Ordre considère que les pharmaciens ne devraient d’aucune façon être impliqués dans la production ou la distribution du premier type, nous sommes convaincus qu’ils doivent être au cœur de la chaîne de distribution du cannabis médical.

Autorisée au Canada depuis 2001, l’utilisation du cannabis médical fait aujourd’hui l’objet de données probantes où ses applications thérapeutiques sont de plus en plus reconnues pour traiter, en derniers recours, certaines conditions, notamment le soulagement de la douleur chronique. Dans cette perspective, on peut maintenant le considérer comme un traitement pour lequel, au même titre que n’importe quel autre produit sur ordonnance, le patient est en droit de bénéficier de l’expertise d’un professionnel de la santé pour en retirer le maximum d’efficacité et de bénéfices. Et c’est précisément le rôle du pharmacien.

Du fait qu’il est un professionnel réglementé assujetti à des standards de pratique élevés, un mécanisme d’inspection professionnelle, un code de déontologie et tenu au secret professionnel, le pharmacien inspire confiance auprès des patients. Spécialiste du médicament, son expertise est essentielle pour une distribution rigoureuse et sécuritaire du cannabis médical : il est en mesure de composer avec les différentes caractéristiques du produit et d’analyser le cas unique de chaque patient pour lui offrir un service adapté à ses besoins.

Le pharmacien détermine pour chaque patient si le cannabis peut interagir avec certains de ses médicaments, auquel cas il peut ajuster le dosage, sensibiliser sur les effets secondaires et spécifier des contre-indications. Il peut aussi accompagner le patient en le conseillant, par exemple, sur la meilleure façon pour lui de prendre son traitement (herbes séchées ou en huile, prise orale ou par inhalation, etc.). Bref, la protection du patient ayant recours au cannabis médical est tributaire de cette surveillance et d’un suivi clinique approprié.

Nous savons que des démarches sont entamées pour que le cannabis médical soit homologué par Santé Canada. Actuellement, son utilisation est encadrée par un projet de recherche. Pour l’Ordre, l’une ou l’autre de ces conditions est essentielle pour que le cannabis puisse être distribué en pharmacie, puisque le pharmacien engagera sa responsabilité professionnelle lorsqu’il accompagnera ses patients.

Utiliser le réseau des pharmacies et les professionnels les mieux formés dans le domaine des médicaments pour la distribution du cannabis médical tombe sous le sens. En établissement de santé, c’est déjà le cas. Une modification à la réglementation fédérale doit être apportée pour permettre aux pharmaciens de pratique privée d’être inclus dans la chaîne de distribution du cannabis médical, nous espérons que le gouvernement nous accompagnera dans nos démarches en ce sens.

Pour consulter notre mémoire sur le projet de loi 157, cliquez ici.

1 commentaire sur “Cannabis médical : choisir le pharmacien pour assurer la sécurité”

  1. Chris Damas dit :

    I think pharmacy associations should also state how they are going to train their members in the basic attributes of cannabis and dosage forms that are currently and likely to be available, the usual amounts of medical cannabis, the conditions for which it is recommended, and how to handle requests for substitutions or comparative information between supplier products, amongst other issues.

    Perhaps there should be a course developed by the Ordre and a certification given showing which pharmacists have completed training in cannabis.

    After all, it is likely the pharmacist did not take such a course in their pharmacy training!

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