On ne s’arrête pas en cours de route

Un avion ne s’arrête pas en plein vol, un entraînement ne s’arrête pas après l’échauffement. Pour la plupart de nos activités, on ne s’arrête pas en cours de route. Mais lorsqu’il est question de prise de médicaments, trop souvent, on le fait.

Il y a quelques années, mon ami Richard s’est fait prescrire des bêta-bloqueurs à la suite d’un infarctus. Il les a pris quelques semaines, mais il a été incommodé par des troubles érectiles liés à la prise de ce médicament et a donc cessé de les prendre. Il n’a pas osé en parler à son médecin ou à son pharmacien. Il a simplement arrêté, comme ça.

Richard fait partie des 40 % de Québécois qui, à un moment ou un autre au cours de leur vie, a cessé de prendre un traitement sans avertissement. Heureusement dans son cas, il a fini par m’en glisser un mot et je lui ai recommandé de parler à son pharmacien. Ensemble, ils ont pu trouver une solution; le moment de la prise du médicament a été changé, la dose aussi.

Des données révélatrices

Dans le cadre d’un sondage, nous avons questionné les Québécois sur les raisons les ayant amenés à cesser un traitement. Voici les réponses que nous avons reçues :

Je me sentais mieux 31 %
Le médicament me donnait des effets secondaires 28 %
Je ne voyais pas l’efficacité du médicament sur mon problème de santé 12 %
Je ne croyais pas avoir réellement besoin du médicament 11 %
Je n’avais pas les moyens de me payer le médicament 8 %
J’oubliais de prendre le médicament ou de le renouveler 7 %

Tous les traitements ne sont pas utiles, il faut le dire. Dans certains cas, un arrêt peut effectivement être une bonne décision. Cependant, le faire sans un avis professionnel comporte des risques, et des coûts aussi. Aux États-Unis, on évalue de 100 à 300 milliards de dollars les dépenses attribuables à une mauvaise adhésion thérapeutique.

À l’occasion de la Semaine de sensibilisation à la pharmacie, je vous invite à consulter une vidéo que nous avons produite afin de sensibiliser la population à cet enjeu. Le message que nous désirons lancer est simple : avant d’arrêter un traitement, consultez votre pharmacien. Il a des solutions pour vous, il peut vous aider.

Mon ami Richard me donne raison. Bonne Semaine de sensibilisation à la pharmacie!

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